De nos tourments

Posté le Apr 12, 2026

Par où commencer… Je crois que je suis un peu gênée de t’écrire. Est-ce que c’est parce que je suis trop lâche pour t’en parler ? Ou bien je me demande si tu voudrais l’entendre. Ici nous sommes en sécurité ; lis moi si tu le souhaites seulement.

La Terre est faite de vie. Les plantes, les insectes, les animaux, les bactéries… les humains. Nous vivons tous et toutes ici. Des millions de fourmis, des milliards de bactéries… Tout ça nous dépasse, et puis les humains. J’aime dire qu’on s’invente des problèmes pour continuer à vivre, qu’on crée puis qu’on se donne des raisons d’apaiser nos tourments.

Qu’est ce qui te tourmente ? J’espère que tu en vis bien ; pour moi c’est souvent les autres. En bien ou en mal, mes relations viennent avant tout de moi ; je choisis de les vivre, avec qui… Mais pas toujours comment. Je choisis de ressentir des choses, mais pas lesquelles. Voilà tout le problème.

Bien sûr je choisis quand même : si ça ne me plaît pas, j’arrête. Il faut savoir être simple. Mais souvent c’est plus nuancé. Le bien et le mal, le bon et le mauvais, sont des notions difficiles à cerner précisément, et on revient au problème initial. Je ne choisis plus. Par là je n’entends pas cette fois qu’on choisisse pour moi ; réellement, je ne choisis pas. En fait je reste en l’état, rien ne change et je subis.

Aujourd’hui je subis encore, mais c’est différent. Je crois que ça me va. Subir, le mot est un peu fort, mais je parlais de ce qui nous tourmente tout à l’heure. Voilà pourquoi c’est important : en nourrissant un espoir -sans doute vain- que quelque chose arrivera, je nourris en même temps un intérêt pour l’existence. J’avoue que c’est un peu large, mais j’espère qu’on en comprends la substance.

Il reste un paradoxe : si c’est l’espoir que quelque chose arrive qui nourrit l’existence, et si quelque chose arrivait ? Je crois que je te laisserai philosopher là dessus. Tu me diras ce que tu en penses !