Je ne sais pas voler
Tu voles et j’ai du mal à te rattraper. Je t’ai regardé un court instant, et la beauté m’a suffit pour essayer aussi. Mais je ne sais pas voler.
Tu brilles doucement. Le feu est toujours à la frontière entre le bien et le mal ; parfois apaisant, parfois dangereux, parfois les deux. Une étincelle, ça va, mais le feu ne sait se garder de s’envoler. J’essaye de rester discret, je n’attise pas. Même si je n’ai pas froid quelque chose me pousse quand même, comme un instinct de survie que j’essaye à peine de convaincre.
En vain. Le feu naît… une petite flamme, ça suffira. Le peu de lumière que j’ai vu m’a aidé à comprendre ce qu’il se passera. J’ai peur qu’il pleuve avant la fin, pour une fois j’ai peur que l’eau vienne troubler l’équilibre qui s’est construit. Tu brilles encore pourtant, et même un peu plus fort qu’avant ; j’ai vu beaucoup de lumière, j’ai vu une grande chaleur. Mais je ne sais pas voler.
Tant pis, c’était pour une autre fois. Je pense à nos nombreuses vies, à nos âmes qui verront le feu briller et voler aux éclats. A celles qui se feront emporter, à celles qui vivront à travers la chaleur et à celles qui mourront de froid. Un jour j’apprendrai à voler comme toi ; ce jour là peut-être qu’on se reverra.