Le feu et la lumière

Posté le Apr 11, 2026

Admire la scène : nous sommes dans le noir et rien ne bouge. On entend nos respirations, des bruits métalliques, un frottement, puis des râles, des cris. Rien ne doit bouger, mais c’est de plus en plus difficile. La force de l’obscurité c’est pas ce qu’elle nous cache, mais ce qu’elle nous laisse entrevoir, ce qu’on discerne à peine à travers les ombres un court instant avant de regagner notre mémoire et notre imaginaire.

Est-ce que c’est ça qui nous arrive ? L’obscurité est devenue normale, mais à mesure que le temps avance, j’aperçois la lumière de nouveau. Plus faible et lointaine qu’avant, elle est floue, elle semble innateignable, en tout cas hors de portée de ma volonté. Pendant ce temps, la tension monte encore : je sens que ma respiration se bloque, et je crois que la tienne aussi. La lumière va et revient en me narguant. Et puis la douleur s’invite. Est-ce que ça fait trop longtemps ? Les méditations de grandes ampleurs doivent être mesurées, dit-on, pour ne pas se perdre dans leurs envolées pour toujours. Tout le reste deviendrait fade.

Aussi vite qu’elle est venue, la douleur a déjà disparu. Ou pas tout à fait : elle est devenue une trame de fond, comme si elle était prérequise à cet instant. Elle n’a plus aucune importance, pourtant c’est elle qui donne le ton et le tempo. Il devient de plus en plus dur de penser à quoique ce soit. Est-ce que c’était le but ?

La lumière s’est vite rapprochée sans que je ne la voie. Nous arrivons au bout. Je suis presque morte, et tu es totalement en vie. La lumière va se rallumer complètement, juste après un dernier soupir.

La douceur suis la tempête. Reposons nous, nous en avons assez fait pour cette fois. Est-ce que ça arrivera de nouveau ? sans doute. La lumière ne mourra jamais, tant que nous continuerons à raviver le feu.