Comment vivre
Comme souvent en ce moment je me réveille en pensant à toi. J’ai écrit un texte dans ma tête cette nuit mais je ne m’en souviens déjà plus. Ca parlait de faire un tour au parc et d’y croiser toujours la même dame. Je le réécrirai peut-être.
J’ai pensé hier à la violence qu’on se fait en restant en vie. J’ai encore pris trop de recul, nous ne sommes rien. Mais cette fois une idée m’est restée en tête, avec une question un peu vague : comment on fait pour vivre ? Pas pour vivre ; pour se sentir vivre. Qu’est ce qui nous rattache à ce qu’on est, qu’est ce qui fait qu’on continue ? Penser à la grandeur du monde ne m’a pas vraiment aidé cette fois : la grandeur du monde c’est surtout la grandeur de ses horreurs. J’ai parlé à une amie qui m’a dit qu’elle n’en pouvait déjà plus de travailler. Ca fait à peine un mois.
Comment on peut s’en sortir ? Les fleurs, les feuilles, les arbres… nous. Notre façon de faire nous a rendu bien trop déprimants. L’exploitation, au sens large, est ce qui nous opprime le plus, pour reprendre un vocabulaire qu’on saurait facilement reconnaître. Pourquoi tout le monde n’est pas encore mort ?
Je suis allé sur une grande place et j’ai regardé en l’air ; c’est tout. Je n’ai parlé à personne, personne ne m’a parlé. Je ne suis même pas certain d’avoir été vu. J’y suis retourné plus tard, et j’ai parlé aux gens. C’était différent, mais j’y ai vu les mêmes choses. J’ai refait pareil, dans la rue, dans un parc, dans un champ, dans un bois. Partout, toujours pareil. Je crois que j’ai compris ce qui compte.